25.04.2018

Un pas concret vers la mise en place de salles de consommation à  moindre risque

 

La proposition de résolution visant la mise en place concrète et encadrée d’expériences pilotes de dispositifs intégrés pour réduire les risques liés aux assuétudes et à la toxicomanie dans les grandes villes wallonnes déposée par les Député(e)s Benoît DRÈZE et moi même a été adoptée à l’unanimité ce mardi en commission du Parlement de Wallonie.

 

L’objectif de cette résolution est de compléter la panoplie des réponses nécessaires à la problématique de l’usage de la drogue. La création de salles de consommation à moindre risque (SCMR) s’inscrit dans une politique plus globale de lutte contre la toxicomanie reposant sur quatre piliers : la prévention, la répression, la thérapie et la réduction des risques.

 

Cette résolution fait suite à plusieurs constats en matière de toxicomanie, en particulier dans les grandes villes comme Liège, Bruxelles, Charleroi, Anvers ou Gand. Rien qu’à Liège par exemple, la police estime à environ 2000 le nombre d’héroïnomanes qui consomment deux à quatre fois par jour de la drogue, dont 15 % en rue. Cela sans compter les consommateurs de cannabis, de cocaïne, d’amphétamines ou d’autres produits stupéfiants. La consommation de drogue est responsable de 85 % des hépatites C. De plus, pas moins de 35 décès par overdose sont survenus dans la Cité ardente entre novembre 2011 et novembre 2013.

 

Les derniers rapports d’Eurotox attirent l’attention sur la hausse de la consommation de cannabis, le taux important d’overdoses associées à l’héroïne et aux autres drogues, le regain de la popularité de l’ecstasy, l’émergence de nouvelles substances comme les drogues de synthèse et l’usage de médicaments détournés de leur usage initial ou thérapeutique. A cela s’ajoute notamment le changement des habitudes de consommation : la polyconsommation, surtout en milieux festifs, devient la norme. Par ailleurs, l’évolution du marché de la drogue s’accélère avec internet et les réseaux sociaux qui encouragent les réseaux clandestins, qui eux-mêmes jouent un rôle croissant dans l’offre de médicaments de contrefaçon et de nouvelles substances illicites.

 

La mise en place de SCMR vise à faire d’importants progrès en termes de santé publique. Les toxicomanes bénéficieront de la présence et du suivi de professionnels compétents en la matière. Outre une consommation « sur place » supervisée dans un environnement sain et sécurisé, avec l’appui d’une équipe pluridisciplinaire, les dispositifs intégrés seront également le terrain approprié pour des traitements médicaux, une orientation vers des traitements de substitution, des dépistages de maladies infectieuses et, plus largement, des consultations sanitaires et des entretiens sociaux.

 

En 2017, l’Europe comptait 90 SCMR officielles dans 8 pays dont 4 limitrophes à la Belgique (Allemagne, France, Pays-Bas et Luxembourg). Des preuves scientifiques substantielles ont été obtenues ces dernières années concernant l’efficacité des SCMR.

Elles ont en effet montré des effets positifs tant pour les utilisateurs de drogues par injection (UDI) que pour la population générale, surtout lorsqu’elles sont intégrées dans le tissu d’autres services d’assistance locale ;

Leur fréquentation et leur utilisation ont été associées à une réduction significative des accidents par overdose et des problèmes liés à l’échange de seringues usagées sans pour autant engendrer une augmentation du nombre de toxicomanes et sans affecter les taux de rechute ;

Elles constituent en outre un point d’entrée important vers les services de soins et les autres services sociaux pour usagers de drogues ;

Elles tendent à améliorer l’ordre public en réduisant les scènes de rue et la présence de déchets liés aux injections.

                                                     

  Elles ont donc été évaluées comme ayant atteint leurs objectifs de santé et de sécurité publique et trouvent donc leur place dans l’ensemble des services destinés aux toxicomanes.

Concrètement, une expérience pilote pourrait être mise en œuvre d’ici juin dans les locaux aménagés par la fondation TADAM, dans le centre-ville de Liège. Police et parquet sont demandeurs d’un tel dispositif et les riverains y sont également favorables, selon une enquête menée auprès d’eux. Une autre expérience pilote pourrait également être menée conjointement à Charleroi ou dans une autre grande ville wallonne.

Véronique Salvi

 

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