12.01.2018

LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXISTES : la Wallonie passe à la vitesse supérieure !

Sur proposition d’Alda GREOLI, Ministre wallonne de la Santé et de l’Action sociale, le Gouvernement wallon, a approuvé, en 3e lecture, le projet de décret visant à pérenniser et à développer l’action des services et dispositifs d’accompagnement des violences entre partenaires et des violences fondées sur le genre en leur octroyant, pour la première fois, un agrément.

Alda GREOLI confirme ainsi son engagement et celui du Gouvernement wallon à faire de la lutte contre les violences une priorité.
 
Alda GREOLI : « Outre la nécessaire pérennisation financière des associations actives dans le domaine des violences sexistes, l’amplification que nous apportons vise trois axes : les violences sexistes seront désormais bien mieux prises en charge dans les provinces de Namur et de Luxembourg, peu couvertes ; la notion de « harcèlement » est désormais inscrite dans le décret, auprès de violences d’autres types, tels que les mutilations ou les mariages forcés ; et enfin, la disposition étend à toute la Wallonie la prise en charge des auteurs de violences, une nécessité bien complémentaire à la prise en charge des victimes. Le dispositif s’en trouve ainsi largement élargi et mieux adapté à appréhender les violences de tous ordres ».
 
Selon l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, 1 femme sur 3 est victime de violences physiques et/ou sexuelles au cours de sa vie (2014).
 
En Wallonie, près de 28.000 femmes déclarent avoir subi des violences physiques et/ou sexuelles au cours des 12 derniers mois et 18 viols seraient commis chaque jour 1.
 
Selon l’étude « Mon expérience du sexisme » menée en novembre 2016 par JUMP en Wallonie, à l’initiative de son prédécesseur Maxime PREVOT, plus de 9 Wallonnes sur 10 disent avoir été confrontées à des comportements sexistes que ce soit en rue ou dans les transports en commun (96 %), dans l’espace public de façon plus générale (95 %), mais aussi au travail (92 %). Il s’agit le plus souvent de blagues et des commentaires déplacés, de huées, cris, sifflements ou des regards ou gestes envahissants. Excepté en rue ou dans les transports en commun, où pour plus d’1 femme sur 3, il s’agissait d’une agression ou un harcèlement physique. 
 
Afin de faire de la lutte contre ces violences une priorité, Alda GREOLI a décidé d’agréer les services et dispositifs d’accompagnement des violences entre partenaires et fondées sur le genre. Les objectifs d’une telle mesure visent à :

  • o pérenniser et développer le secteur associatif ;
  • o assurer une meilleure couverture du territoire wallon ;
  • o étendre le champ des violences prises en charge au-delà de celles qui s’inscrivent dans le couple, par exemple le harcèlement ;
  • o reconnaître ces opérateurs de première ligne qui contribuent à atteindre les objectifs du Gouvernement wallon en matière de lutte contre les violences.

Ces services et dispositifs ont pour missions la « dévictimisation » et l’autonomisation des personnes victimes de violences, la responsabilisation des personnes auteurs de violences, la prévention des récidives et la sécurité de l’entourage familial et des proches.
 
Ces opérateurs sont d’indispensables acteurs de première ligne. Or, les 14 associations wallonnes spécialisées dans l’accompagnement des victimes ou auteurs de violences sont financées depuis 2009 uniquement par le biais de subventions facultatives annuelles et pour certaines dans le cadre de conventions pluriannuelles. Le budget total de cette politique wallonne de l’Action sociale s’élève à un montant total de près de 530.000 €.

Le Ministre Maxime PREVOT avait décidé de leur apporter une sécurité budgétaire en leur octroyant un financement annuel récurrent pour qu’elles puissent pérenniser leur fonctionnement et créer des projets à long terme sereinement sans risque que leur subvention soit remise en question chaque année. La Ministre Alda GREOLI confirme cette mesure qui permettra d’éviter un long parcours administratif et de reconduire automatiquement les subventions d’année en année.

Dès 2018, l’enveloppe budgétaire atteindra quelque 550.000 euros. Elle évoluera ensuite au rythme des nouveaux agréments : selon les premières projections, outre les 14 associations déjà existantes, 4 services et dispositifs pourraient être créés, dès 2019, ce qui porterait le budget total à 715. 000 euros.

Le développement de ces nouveaux services se fera principalement là où ils sont actuellement peu ou pas présents, notamment, dans les provinces du Luxembourg et de Namur, alors que toutes les études montrent que les violences sont présentes partout et dans tous les milieux.
 
L’offre d’accompagnement, concentrée au départ dans la prise en charge des violences conjugales, s’étendra à d’autres types de violences : pour la première fois dans notre législation, les violences fondées sur le genre ont été définies comme « tout geste ou comportement qui a manifestement pour objet d’exprimer un mépris à l’égard d’une personne, en raison de son appartenance sexuelle (…) », ce qui inclut toute violence, y compris psychologique ou sociale, mais également le harcèlement, les violences liées à l’honneur, les mariages forcés, les mutilations génitales féminines, les violences sexuelles.
 
Enfin, une prise en charge des auteurs, historiquement développée en province de Liège,sera désormais assurée dans toutes les provinces. Ce travail de prise de conscience et de responsabilisation est essentiel pour prévenir la récidive.
 
La démarche s’inscrit pleinement dans l’esprit de la charte associative particulièrement en ce qui concerne la pérennisation des moyens.
 
Cette reconnaissance s’inscrit dans le plan d’action national (PAN) 2015-2019 de lutte contre toutes les formes de violence basée sur le genre et le Plan intra-francophone 2015-2019 de lutte contre les violences sexistes et intrafamiliales, ces plans faisant suite à la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (« Convention d’Istanbul »).
 
Ce dispositif se veut complémentaire des initiatives déjà mises en place en Wallonie de longue date, mais qui viennent d’être renforcées au cours de cette législature, dont notamment :

  • la ligne téléphonique Ecoute Violences Conjugales - 0800/30 030 : gratuite et anonyme, accessible depuis le 8 mars denier 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, grâce aux Pôles de ressources et à Télé Accueil, pour assurer les missions d’écoute, d’information et d’orientation à l’égard des victimes (femmes ou hommes), des auteur-e-s (hommes ou femmes), ainsi qu’à toute personne confrontée à titre privé ou professionnel à cette problématique ;
  • les maisons d’accueil et d’hébergement spécialisées dans l’accueil des femmes victimes de violences entre partenaires et de leurs enfants dont le nombre de places subventionnées a été augmenté de 83 unités en 2017 et continuera à l’être dans les mois à venir, etc.

***

La Ministre Alda GREOLI se réjouit de pouvoir donner de l’oxygène et de développer ce secteur en pérennisant son financement. Les associations de lutte contre les violences réalisent un travail de terrain essentiel pour toutes les victimes, particulièrement en les accompagnant après les violences qu’elles ont subies et en prévenant la récidive.
 

***

1Etats des lieux sur les violences faites aux femmes en Wallonie (février et novembre 2016), réalisés par l'IWEPS, le Centre d'appui de lutte contre les violences entre partenaires (DG05), en partenariat avec l'Observatoire Wallon de la Santé (OWS)

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